Quelques remarques rapides sur la vocation de L'oBservatoire et plus concrètement sur le fonctionnement du site dédié, sous la double perspective des usagers et des animateurs.

Le site de L'oBservatoire a un évident caractère "agendaire" qui est lié au principe même des projections, des informations triviales à transmettre, ainsi qu'à la structure technique du blog -excessivement chronologique.
C'est un malheureux trompe-l'oeil.

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C'est par réaction que je me propose de faire ici quelques précisions[1].

1. les billets qui composent ce site, s'ils sont bel et bien des introductions aux séances, des manières de susciter l'intérêt et de formuler des questions, visent également à constituer un "corpus" autour des œuvres, afin qu'elles continuent de travailler sur la durée[2].

2. il s'agit bien de dégager ces films de la projection proprement dite. Et d'éviter le "spectacle" du cinéma, la neutralisation des images dans le divertissement et le temps "trop vite" de la diffusion.

3. le site, pour ses animateurs, est un espace de travail et un instrument pour la recherche. Avec un peu d'emphase, on pourrait dire : une expérience visant à vivre avec les images. La séance de projection peut être comprise comme une étape, le milieu d'un trajet, d'une marche vers le film[3].

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4. il faut bien prendre en compte l'impact, généralement retardé, de la projection et des échanges qui l'accompagnent.

5. une forme de fécondation pourrait être d'organiser, dans la semaine qui suit, des séances-bis : revision des films, échanges, contre-programmation, etc. Ce pourrait être une première réponse à ceux qui se sont interrogés sur la nature des débats post-projections. Sur ce point, il est capital que chacun exprime ses désirs ou ses frustrations[4].

6. les billets traduisent cette animation sur la durée. D'abord, la rencontre (entre nous, avec le film) modifie profondément la première vision du film ; la présentation initiale de la séance s'en trouve donc souvent changée. Ensuite, ils s'enrichissent régulièrement au gré des recherches, des hasards, de vos commentaires. Au gré des remous provoqués par les autres films programmés.

7. il s'agit de définir les formes d'un rapport aux images plus vivant, le plus éloigné possible des réflexes conditionnés[5]. De ce point de vue, tout reste à inventer.

8. revenez, repassez, programmons, détournons (et arrêtons d'adorer Debord, détournons), faisons des films. L'oBservatoire, au fond, est fait pour ça.


à la prochaine ("rends-moi mes dix francs"),
Arno

Notes

[1] Je promets à terme -quelles calendes ?- de rédiger un texte qui tacherait de spécifier cette sorte un peu neuve de "cinéphilie" ou d'anti-cinéphilie, qui se laisse deviner à la fois le long des posts (sélection des films par exemple) mais aussi dans l'usage même du site, succintement décrit ici.

[2] C'est une première manière de justifier le rythme pour le moins saccadé, contre-cinéphilique, de L'oBservatoire : il faut des écarts pour habiter les films.

[3] Et ce trajet peut prendre des formes variables ; remontages, textes parallèles, articles, collages, etc. Explorez les billets !

[4] cf. la discussion engagée suite à la séance consacrée à Debord, courant novembre, et poursuivie le lundi suivant.

[5] d'où mon attachement à l'inconfort des séances : salons trop étroits où s'entassent les spectateurs, linoleum trop durs qui insensibilisent les fesses, guerre des fauteuils et des coussins. Les films se regardent debout, bien en face.