ALTO-STUDIO
 
Du coeur à l'outrage (Style wars + Writers)

« Ça concerne que les gens qui font du graffiti, les graffiti. Ça concerne personne. Ceux qui font pas de graffiti y z'ont pas de droit de regard. Y z'ont une obligation de regard. Parce que c'est là, et on a été le faire devant chez toi, connard ! Et t'es obligé de le regarder. Ça concerne tous les mecs qui font du graffiti et personne d'autre. » (Bando)


Bando - Quai de Seine 1985


Big Up Yo friends !

Au programme de L'oBservatoire, mercredi 20 juin à 20h30, (au moins) deux documentaires sur l'histoire des graffeurs / writers.

-Style Wars de Tony Silver et Henry Chalfant (1983),
documentaire mythique pour les graffeurs du monde entier, sur les graffiti couvrant les trains new-yorkais et l'éclosion de la culture hip-hop.
Chalfant est aussi co-auteur des livres Subway Art Henry Chalfant & Martha Cooper, 1984 et Spray Can Art Henry Chalfant & James Prigoff, 1987, les deux grosses références publiées chez Thames & Hudson sur le Graffiti de New York.
Remarque technique : pour Style Wars, je ne dispose que des sous-titres en anglais.

-Writers. 1983-2003, 20 ans de graffiti à Paris de Marc-Aurèle Vecchione (mars 2004).
Le titre résume assez bien le projet du film qui s'essaye à une histoire de l'art (du style) assez spontanée ; avec les témoignages nombreux des précurseurs à l'étranger (Futura, Jonone, Shoe...) et en France (Bando, Mode2, Lokiss, Boxer, Creez'). On y retrouve l'incontournable Chalfant.



Une bonne manière aussi de se chauffer pour la fête de la musique avec des bandes sons infernales, surtout pour les nostalgiques de Grandmaster Flash, d'Afrika Bambaata et de l'Universal Zulu Nation !


Skeme - Crime in the city


Ca se passe chez Romain M. (06 25 86 45 75), mercredi 20 juin à 20h30
168, avenue d'Italie, Paris 13
(M° Maison Blanche), code : 5002
Précautions usuelles : ceux qui veulent passer picknicker arrivent plus tôt et chargés !

Jeter un oeil ici !
http://www.graffiti.org/

Vincent "Vince" J.


la première signature tag connue à New York dans les années 70, Taki

Style Wars: The Origin of Hip Hop (sur imdb)
69 min
USA
Color / Black and White
Memorable quotes :
Cap: "I am not a graffiti artist. I am a graffiti bomber."
Cap: "There's two styles of graffiti that are trying to, you know, co-exist with each other. But it ain't gonna work like that. Blood Wars, buddy. Blood Wars."
Cap: "Ain't hardly no writers know about this place. My spot. Niggas know. Believe it. Niggas know. He-he-he."
Seen: "I can't afford to get involved. There's a war going on as you should know. PJ and Cap against everybody."


GrandMaster Flash & The Furious Five, The Message

 
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Commentaires
1.   Arno et Vince  -  lundi 25 juin 2007 15:41

Arno : Vincent, Belle séance ! Pour poursuivre la discussion d'hier soir, je dirais que c'est très stimulant (au moins du point de vue de L'oBservatoire) de voir deux films aussi différents, avec des objets aussi proches.

Du premier, Writers, ce qui me surprend, c'est l'absence de sociologie, même élémentaire : à un moment, il y a deux origines sociales qui se rencontrent sans que ce soit simplement évoqué par le film (mais est-ce que ça a jamais posé un pbm ? au moment de "Stalingrad", du mystérieux "Service d'ordre" ?)

Vincent­ : Cette absence de sociologie n'est guère surprenante. Le film est réalisé par "l'élite sociale" du mvt, s'appuie pour bcp sur ses propres témoignages. Par quel moyen Bando peut-il se rendre à New York, plusieurs fois par an alors qu'il est encore gamin? j'imagine que ça réduirait pas mal la portée de certains propos... Par ailleurs, est-ce vraiment important de distinguer les nantis des autres? Leur engagement (total) et la qualité de leur production compte avant tout. Maintenant la rencontre de deux milieux, autour d'un projet artistique commun, ça reste une belle idée (vive Assassin ?).

Arno : Sur le registre des manques, dans le deuxième, Style Wars, et au fond c'est ça que je lui reprocherais (alors que c'est précisément ce qui est excitant dans Writers), c'est qu'on ne voit personne pratiquer (à part la scène de la fresque de Seen -extraordinaire ce nom ! un grand moment du film, ça, ou sa clé).

Vincent : C'est vrai ; mais en même tps, ce film donne à voir des moments essentiels qui ne sont que racontés dans le premier : confrontation au mur vierge, orientation du trait qui ne doit pas aller nulle part, joie au passage du train ("give me a towel! this is it!"). Le film est moins explicite, ne verbalise pas les choses comme celui de Vecchione, mais je le trouve infiniment plus sensible (tu le dis d'ailleurs plus bas).

Arno : Dans Writers, les tags ou les graphs sont filmés après coup, "à voir" ou "déjà vu". En même temps, c'est assez curieux ou lié à une fatigue personnelle, j'ai le sentiment de n'avoir pas vu grand chose, les graphs sont captés de loin, on voit plus les trains que les peintures, etc. Ca rejoint la remarque "under the city" de Thomas sur l'importance du métro, remarque dont j'ai pas bien saisi, je dois dire, la portée... (il y a métonymie entre le métro et la ville ? le métro est l'ossature de la ville, et couvrir le métro scrupuleusement, c'est saper la ville entière et tout le système ?)

Vincent : il faudrait que Thomas nous explique ça. C'est curieux aussi de penser que les graffeurs privilégient plus aujourd'hui les toits des villes... Du bas (tunnels du métro), vers le haut : des lieux extrêmes, toujours ; avec cette exigence constante de visibilité aussi.

Arno : Deux remarques, encore. Pour aller dans votre sens, les garçons : ce qui est directement explicité ds Writers, fonctionne plus sur le mode de la résonnance dans le Style Wars. "Bombing", par exemple, dont j'ai mis, personnellement, un moment à comprendre l'ambivalence ou la portée. C'est extraordinaire chez Skeme.

Deuxième film toujours, les scènes avec les autorités. La première fois, je me suis dit : MIchael Moore ! ça va être drôle une fois puis lourdingue. Au final, l'insistance est telle qu'on comprend que le film est fondé là-dessus. Il se joue sur cette capacité à ne pas jouer les writers contre le reste du monde, à ne pas prendre complètement parti. Et au fond, cette balance, elle est "chiffrée" dans la scène de "Skeme" et de sa mère : tout se joue là, l'antagonisme et l'incompréhension, mais aussi l'écoute et le partage, la coexistence.

Vincent : Ce dialogue est magnifique. La confrontation de Skeme avec sa mère l'oblige aussi à formaliser, généralement de manière confuse, le rapport tellement immédiat qu'il a à son art. Ce qui me frappe c'est la précocité incroyable de tous ces mecs et leur engagement total, radical : c'est du plein temps. on comprend mieux aussi leur virtuosité hallucinante.

Arno : je rajoute une remarque sur "Cap". Parce que j'ai rien compris à ce qu'il disait. Je voudrais bien en savoir plus sur sa logique "parasitaire". Si quelqu'un à des suggestions...

Vincent : Ce qui compte c'est la quantité, non la qualité (ça c'est lui qui le dit). Le graff, c'est pas de la peinture. Le plaisir terroriste aussi ; surtout l'assurance d'être connu (non reconnu pour le coup) par tous et pour longtemps. La peur (l'excitation) peut-être enfin : des flics et des autres graffeurs...

 

Réponse de Aka le samedi 30 juin 2007 à 10:24

lallala essai
 
 
 
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