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Vita nova (La Vie nouvelle et Sombre)
"Je voulais que le spectateur soit placé, toute la durée du film, dans une tension émotive et sensitive. Le film rêvé pour moi, ce serait celui où la perturbation est tellement importante que, d'un plan à l'autre, on passerait par exemple, d'une extrême joie à une très grande colère, avec une totale soudaineté. Que la vibration soit constante, comme le tremblement des herbes."

Mail d'invitation :
"Chers vous,
Je propose l'ouverture d'un mini cycle autour des films de Philippe Grandrieux, deux soirs entre le 26 et le 28 (plutôt mercredi et jeudi), selon les disponibilités et désiderata de chacun.
Sombre et La Vie nouvelle, donc (plus un guest pour cinéphiles hyper concentrés).
Je préviens les âmes sensibles (Greg, particulièrement) que ce n'est pas du cinéma sentimental, que ce n'est que très modéremment narratif (ou franchement expérimental), et que ça se prétend une expérience physique (quelque chose comme l'impact de l'image archétypale), à la limite de la sauvagerie. Ces précautions prises (ennuyeuses), c'est magnifique et l'avenir du cinéma."


Sombre (1999, 2 heures)



enfants
route nationale
bleu
tueur
Aube
voiture
Massif central
buée
Femme
Sapin
plateau
nuit
série
flou
Sombre
phares
viol(ence)






Réalisateur : Philippe Grandrieux
Acteurs : Claire : Elina Löwensohn ; Jean : Marc Barbé ; Christine : Geraldine Voillat ; La première femme : Coralie Trin Thi ; L'enfant aux yeux bandés : Maxime Mazzolini ; La seconde femme : Alexandra Noel ; La troisième femme : Annick Lemonnier ; La mère de Claire : Sadija Sada Sarcevic
Production : Catherine Jacques
Centre National de la Cinématographie (C.N.C.) , France ; Studio Canal , France ; Monteurs' Studio , France ; Procirep , France ; Zeie Productions , France ; Zélie Productions , France ; Arte France cinéma , France
Scénario : Sophie Fillières, Philippe Grandrieux, Pierre Hodgson
Directeur de la photographie : Sabine Lancelin
Compositeur : Alan Vega
Monteuse : Françoise Tourmen

La Vie nouvelle (2002, 1h 40)





trafic
mélange
Sofia
chiens
bouleaux
Rouge
Soleil
film
danse
dévoration
flou
départ
herbe
trahison






Réalisateur : Philippe Grandrieux
Scénario : Philippe Grandrieux et Eric Vuillard
Directeur de la photographie : Stéphane Fontaine
Acteurs : Zach Knighton, Anna Mouglalis, Marc Barbé, Zsolt Nagy, Raoul Dantec, Vladimir Zintov, Georgui Kadourine, Simona Hülsemann, Josh Pearson, Boïka Velkova, Diana Guerova, Ivan Velichkov, Peter Petrov, Salvador Gueorguiev
Cadre : Philippe Grandrieux
Son : Jean-Paul Mugel
Costumes : Ann Dunsford
Chef monteur : Françoise Tourmen
Musique originale : Etants Donnés / Chanson originale : Smell my scent Interprétée par : Anna Mouglalis et Josh Pearson de Lift To Expérience Ecrite par : Josh Pearson et Philippe Grandrieux
Production : LPZ, Maïa Films et L Films, Arte France Cinéma Avec la participation de : Blue Light, Londres, Canal +, CNC et GImages 5 Producteurs : Pierre Benqué, Catherine Jacques, Emmanuel Schlumberger Distribution : Mars Films, France Ventes internationales : Wild Bunch (division StudioCanal)
Pays : Angleterre, France
Date de sortie : 27 Novembre 2002
Durée : 1h 42mn




« Fiction au sens ou c'est un champ d'ouverture. Par fiction j'entends plus ça qu'un récit... Tout à coup on est comme aspiré et ça vous ouvre, brutalement, sur quelque chose qui vous connecte en direct avec votre imaginaire, votre matière fantasmatique, votre pensée... c'est de la pensée. Tout à coup ça s'élabore en direct. Clac ! »




Goya, "promenade du Saint Office", Quinta del sordo, vers 1820.


Suppléments

Guest
Le film de Stan Brakhage, The Stars are beautiful (1974), véritable laboratoire de La Vie Nouvelle
(le fichier, complet, peut être un peu lourd à télécharger, patientez et bonne vision)



Entretiens et liens

- Le site de Philippe Grandrieux
-Hors Champ, "Au commencement était la nuit", 14 octobre 1999.
www.horschamp.qc.ca/Emulsions/grandrieux.html
-Balthazar n°4, 2001.
perso.club-internet.fr/cyrilbg/grandrieux.html
(voir également le n°6, été-automne 2003, sur La Vie Nouvelle)
-Zalea Tv / Nicole Brenez, janvier 2003
zalea.ungi.com/programme/fichescineastes/coingrandrieux.html
-Rouge, "The Body's Night An Interview with Philippe Grandrieux" / Nicole Brenez
www.rouge.com.au/1/grandrieux.html

A étudier de près, l'ouvrage consacré au film et dirigé par Nicole Brenez, paru entre temps chez Leo Scheer 2005 : La Vie nouvelle, nouvelle vision (2005).


Biographie de Grandrieux



Né à Saint-Etienne (France). Après une école de cinéma à Bruxelles, Philippe Grandrieux commence à travailler sur la scène expérimentale belge où il monte des installations vidéos. A partir des années 1980, son activité se partage entre les films expérimentaux et le documentaire. En 1990, il lance l'atelier Live qui produit des plans séquences d'une heure commandés à des artistes comme Robert Kramer ou Robert Frank.
En 1998, il décide de se lancer enfin dans un circuit plus commercial en réalisant son premier long métrage de fiction, Sombre. Cette histoire d'amour entre un tueur en série et une jeune femme impose un style singulier très largement inspiré du cinéma expérimental. En 2002, Philippe Grandrieux poursuit son exploration d'un univers visuellement très sophistiqué avec La Vie nouvelle, son second long métrage. (allociné)


La phototèque "Grandrieux" de ce site comporte un certain nombre de capture d'images, tirées des deux films.


Extrait sonore tiré de La Vie nouvelle
 
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Commentaires
1.   Arno  -  jeudi 21 février 2008 22:24

Essai de méthodologie (ou Patar).

Ces phrases de Georges Didi-Huberman, en commentaire des images de La Vie nouvelle:

« L'œuvre du fantasme ? Elle consiste à attirer les symboles dans un registre qui, littéralement, les épuise : ils s'enrichissent, se combinent jusqu'à une sorte d'exubérance, mais cette exubérance les exténue aussi. L'«attirance » dont ils ont été l'objet revient donc à leur déformation, leur vocation à l'informe. Freud la nomme une régression de la pensée symbolique vers de pures « images sensorielles » où la représentation, en quelque sorte, retourne à sa « matière première » : « Nous n'avons fait que donner un nom à un phénomène inexplicable. Nous appelons régression le fait que dans le rêve le représentation (Vorstellung) retourne à l'image sensorielle (sinnliches Bild) d'où elle est sortie un jour. [...] L'assemblage des pensées du rêve se trouve désagrégé au cours de la régression et ramené à sa matière première (in sein Rohmaterial aufgelöst) . » (Freud, L'interprétation des rêves, p. 461-62) Symbole devenu incompréhensible, le symptôme apparaît bien, comme tel, inaccessible à la « notation » exhaustive, à la « synthèse » comme au déchiffrement » (Lacan, 1966) . Il demande à être interprété, et non pas déchiffré (comme veulent le faire des « formes symboliques » les iconologues héritiers de Panofsky). Le symptôme est d'abord « mutisme dans le sujet supposé parlant » ou, dit autrement, un « symbole écrit sur le sable de la chair » (Lacan, 1964). »
Georges Didi-Huberman, L'Image survivante. Histoire de l'art et temps des fantômes selon Aby Warburg, coll. "Paradoxe", Paris, Minuit, 2002, p. 305.

A rapprocher des déclarations de Grandrieux (particulièrement son désir de renouer avec les caractères perceptifs de la petite enfance) et à opposer aux "Balthazar" qui interwievent le cinéaste :

« - Il y aurait peut-être une distinction à faire qui accuserait le partage entre nous : vous parlez d'archétypes, alors qu'on trouve qu'il s'agit plutôt de stéréotypes... un archétype, c'est quelque chose qui vient de loin, ce n'est pas juste un mafieux en cuir noir. (...)
- Le casting est fait de telle sorte que les corps soient là pour pouvoir soutenir le travail sur ce que vous appelez des stéréotypes et que nous on appelle des archétypes. (...) Il n'y a pas possibilité d'en faire des gens avec qui on pourrait être. On ne peut pas être dans ce monde, c'est un monde qu'on ne peut pas habiter. (...) Probablement pour filmer cette relation à une violence archaïque, j'avais besoin de fabriquer des figures où j'avais très peu de possibilité d'incarnation. »
« La Vie Nouvelle, entretien avec Philippe Grandrieux et Eric Vuillard », Balthazar, n° 6

je laisse la question en suspens, en espérant que les middracheurs de simple appareil veuillent bien se pencher sur la question.

 
 
 
 
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