Skip to content

A propos de « La Jetée » (Jean-Louis Schefer)

Article reproduit sur le site de L'oBservatoire, paru originellement dans le catalogue de l'exposition Passages de l'image, Paris, Centre Georges Pompidou, 1990. Repris dans Jean-Louis Schefer, Images mobiles : récits, visages, flocons, Paris, POL, 1999.

Gitans

Gitans. Et à nouveau ma racine humaine a tremblé. Ce sont eux qui me donnent toujours la mesure absolue de la liberté que je n’ai pas et à laquelle j’aspire. Anarchistes d’esprit et de corps, ils sont les princes du rien, les millionnaires du désintérêt, prêtres de la paresse, sabliers obstinés où le temps ne s’écoule pas.
Ils mangent la pourriture, se vêtissent d’absurde, ils sont des martiens sur terre. Et à les voir cheminer dans la poussière du transitoire, c’est l’image de l’homme idéal que je vois passer, lyrique et dédaigneuse.

Miguel Torga, Diário Douro, 1954.

Le fils de mon chien

Novembre. L’été est à 1000 kilomètres derrière. Little a déjà oublié les champs de tabac et la sève qui collait sur son torse et ses bras nus. La route le jette à Poitiers. Sur le parvis de la gare, il erre avec Petit Chien en attendant Bitch, qui roule des pelles à Julie. Il finit par s’asseoir sur un banc à côté d’un Kanak emmitouflé dans un anorak militaire et un keffieh. Dialogue de rue.

L’approche (Profils paysans)

Quelques réflexions sur le tournage et l’approche des personnes filmées, à partir de la série Profils Paysans (2001-08), de Raymond Depardon.

Un texte rédigé pour le site ”Nomad’s land (Gabrielle Culand)

Parution d’ “Also known as Chris Marker”, Le Point du Jour editeur - automne 2008.

Parution de l'essai Also known as Chris Marker, publié par Le Point du Jour éditeur et rédigé par Arnaud Lambert, membre du comité éditorial des éditions papiers. L'introduction de l'ouvrage est reproduite sur le site des éditions, à cette adresse : http://editionspapiers.fr/publications/also-known-as-chris-marker

A.M.A.B.O.

Obama elected. Correction tout à la fois historique, symbolique et affective du désastre de 2000.
Le cas Obama soulève néanmoins de drôles de questions. Celle-ci notamment : comment une pure singularité peut-elle réunir une telle unanimité ?

L’image contre l’œuvre d’art, tout contre

Comme on l’a appris avec Michel Foucault dans les années soixante, l’Homme est mort, et avec lui, tous les concepts transcendants qui lui permettaient d’affirmer la continuité de son essence. Ainsi, le concept d’Art est mort avec l’Homme, ou plutôt il s’est fini : on l’a fait redescendre sur terre, on lui a retiré sa transcendance, on l’a historicisé, on a commencé à faire l’histoire de l’histoire de l’art. Cependant, comme pour comparer il faut un terme de comparaison, il a paru immédiatement nécessaire de trouver un concept de substitution à l’œuvre d’art, un concept plus neutre historiquement et plus exportable culturellement. Ce fut l'image.

L’animalité critique (introduction)

Par leurs pratiques, les jeunes nomades qui traînent avec des chiens tiennent un discours sur la société qui les rejette et qu’ils rejettent. Ce discours fait écho à des antécédents historiques où des pratiques semblables avaient déjà une vocation critique.

“Flip, Flop, Fly” – The Fabulization of the Death-Camp in the Age of Extermination

The western world had through the second part of the 20th century shifted from Death to Extermination. In this period the extermination camps became the absolute reference of Evil. When extermination becomes part of our daily life or at least its background, one is not surprised to see that it is transformed into myth and legends. From the documentary films made in the liberation of the camps, paying by half documentary film, as Nuit et brouillard [Night and Fog] (1955) of Alain Resnais, into sublimated films like, and Claude Lanzmann’s Shoah (1985). Later one we passed to a more consummate film like Schindler's List (1993), and to a fantastic films like La vita è bella (1997) of Roberto Benigni. Chicken Run (2000) is the next stage where the Extermination Camp becomes a fable...

Continuité et rupture en histoire

Ceci est une réaction d'après le compte-rendu de Jérôme Baschet sur le livre de Jean Wirth, L'image à l'époque gothique. A travers une discussion sur la pertinence de l'opposition entre l'époque romane et l'époque gothique se dégage une réflexion plus théorique sur la validité du modèle de la révolution pour expliquer les phénomènes historiques. Si la révolution ne semble plus d'actualité, peut-on l'imaginer inactuelle, peut-on observer un "devenir-révolutionnaire" (Deleuze) qui traverse l'historien ?

A l’arrière de nos images

Pourquoi une image choque-t-elle ? Une réponse s’élabore au fil des pages autour du concept de montage : agencement des regards et des lieux, des figures et des temps. La méfiance croissante face aux images du mal, la naissance de l’émotion pornographique, l’émergence du graffiti contestataire, la destruction d’images par l’autorité qui les a commandées, l’élaboration savante de l’inimaginable : autant de phénomènes qui éclairent la transformation du rapport aux images en Occident. Transgression et image forment ici un couple dont l’histoire est mise en perspective avec le présent. Ce faisant, c’est la croyance en un pouvoir des images qui est décryptée.
“A l’arrière de nos images” est l’avant-propos de Image et transgression au Moyen Âge, essai publié aux Presses Universitaires de France en avril 2008.

(Dé)génération des catastrophes

Propositions d’étude des dégénérescence des catastrophes en chaos/désastres et des dynamiques sociales mises place pour y faire face. La discussion est initiée à partir du livre de Roger Caillois, L’homme et le sacré, notamment la perspective qu’il développe sur la transgression du profane que réalisent les phénomènes festifs, les rites et les guerres.

Messy

Pendant les repérages de l’été, j’ai rencontré Alexie et Arthur à Aurillac. Nous avons fait une interview d’eux sous un pont, où il venaient de planter une tente de fortune. Ils nous ont beaucoup parlé de leur village d’origine, Messy, où ils ont passé leur enfance. Nous y sommes donc allés pour les filmer. Messy est une commune de 1200 habitants, situé à 10 Km de l’aéroport Charles De Gaulle : une rue principale, quelques pavillons, le TGV qui passe à proximité et les avions sans cesse. Arthur et Alexie s’y sentent isolés. Les transports en commun y sont inexistants, et sans permis de conduire, les adolescents passent leur journée à boire et à fumer. Lorsque nous débarquons à Messy, le village est en alerte. Alexie, Arthur et leurs amis ont marqué les murs du centre ville de pochoirs à leur effigie et le maire a crée une cellule de crise.

Vers la fluctuance

Si l'ethnologue assume d'une certaine manière le rôle d'un passeur, d'un traducteur, il doit lui-même, pour cela, effectuer un passage. Celui présenté ici conduit vers la fluctuance, dans le village sur pilotis de Salvaçao, en Amazonie brésilienne. Ce texte est l'introduction remaniée et autrement illustrée de Vivre dans la fluctuance, édité en 2001 aux éditions Tel Quel.

Jean Wirth, la Vierge aux longues nattes et l’ange au sourire

A propos de L'Image à l'époque gothique (et de L'Image à l'époque romane), de Jean Wirth Le nouvel ouvrage de Jean Wirth s'impose, par son ampleur, comme un nouveau jalon dans la compréhension de l'image médiévale. Jérôme Baschet, autre grand spécialiste de la période, en fournit ici une lecture en profondeur et propose plusieurs pistes de réflexion qui concernent tant la méthode que l'interprétation proposées par J. Wirth.

Un matérialisme éthique ?

Discussion-réaction autour du texte de Thomas Golsenne, "Carlo Crivelli et le matérialisme mystique du Quattrocento", paru dans la section Publications de Papiers. L'auteur est-il dualiste ?

Carlo Crivelli et le matérialisme mystique du Quattrocento

Ce texte est l'introduction d'un livre qui paraîtra prochainement aux Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Il constituera le premier ouvrage monographique en français sur le peintre vénitien Carlo Crivelli, refoulé de l'histoire de l'art mais qui, comme tout refoulé, fait retour un jour ou l'autre.

Suzanne Moisson - bande annonce

De Suzanne Moisson on a dit : elle est « spéciale ! » On a dit : extravagante, cocasse, inoubliable, chic ; « un phénomène. » On a insisté : « c'était quelqu'un » – avec parfois cet ajout : « vous voyez ce que je veux dire ? » Quelques personnes qui l'ont connue vivent encore. Bande annonce, en texte et en image, d'un roman retraçant dix-sept journées de la vie de Suzanne Moisson, née en 1899, morte en 1991. Une animation flash construite autour de dix photographies d'archives et de neuf variations originales sur la trame du roman à venir.

Also known as Chris Marker

Aka (also known as) Chris Marker est l'introduction de l'ouvrage éponyme, consacré au cinéaste Chris Marker, publié par Le Point du Jour éditeur à l'automne 2008. Ce texte tente de préciser la méthodologie impliquée par la présentation de l'« univers de signes », complexe et tramé, façonné par Marker depuis cinq décennies.

Thoughts-giving on Thanksgiving

Thanksgiving is an American holiday. It is the American holiday, the national holiday of American-ness. It is the holiday that marks belonging to the Corpus Americani. It is, moreover, unique to the United State of America. Notably, Thanksgiving is a National holiday, one in which a transfer takes place: from the public arena to the private sphere. For the main ritual the celebratory meal of roasted turkey is done not in the public space, but in the warm embrace of family, in the Home. It is celebrated mainly in the familial circle, around the family table. One’s belonging to the body of the Nation, to the political body, is manifested in the a-political body of the Family. The imagined national genealogy is transferred into the biological genealogy of the Family. What is the nature of this transference? For the holiday table is not the Table of the Lord, but merely the Table of the Nation. The body of the sovereign is passed into the familial body. But how is this passage from one to another effected ? How does the holiday transfer from the Public to the Private? From the Nation to the Family? From narrative to practice? From myth to ritual and vice versa? In other words: how does the Corpus Americani transubstantiate, became flesh and blood?

Note sur le devenir historique

Le dernier livre de Jean Wirth, L'image à l'époque gothique, offre un excellent cas d'école : tout en insistant avec grande érudition et intelligence sur les dimensions théorique, anthropologique, esthétique de la scolastique médiévale, l'auteur ne cesse pas de répéter que ces discours ne déterminent pas les orientations formelles des oeuvres d'art, mais les expliquent. Je voudrais expliciter les impensés d'une telle position et proposer une autre façon d'aborder la relation entre phénomènes artistiques et culture savante.

L’élégance dans le sang (Dracula)

Texte préparé par l'incontestable spécialiste du film de vampire, M. Dragomirescu, consultable en totalité sur le site à cette adresse : http://simpleappareil.free.fr/lobservatoire/index.php?2008/08/02/54-dracula Dracula est, selon David J. Skal, l’une des personnalités médiatiques les plus fameuses du XXe siècle. Le cinéma en témoigne bien : plus de 180 films sont construits autour ou en référence à lui (dont environ 50 depuis l’an 2000). Sans compter les films de vampires, domaine bien plus vaste, mais qui ne nous concerne pas ici directement. Les films qu’on a retenus pour cette séance portent d’abord l’accent sur cet aspect du mythe cinématographique : le Dracula de Tod Browning est le film qui crée cette image sophistiquée et sensuelle sous les traits notoirement européens de Béla Lugosi ; à distance de six décennies, Dracula: Dead and Loving It de Mel Brooks en propose la relecture parodique et admirative.

Où commence ce qui nous environne ?

Il y a dans l'organisme humain des micro-organismes qui possèdent leurs patrimoines génétiques propres (A.D.N.), ce sont par exemple les mitochondries, les "flores" (intestinales, vaginales, cutanées, etc.), les bacilles (intestinaux, rénaux, etc.), les microbes (innombrables tant en variété qu'en quantité), etc. Chacun d'eux se reproduit en notre sein de manière quasi-autonome (l'organisme humain les contrôle en partie en influant sur leur milieu). Sans eux nous ne serions pas en mesure de vivre : sans mitochondries par exemple, aucun animal ne serait capable d'assimiler l'oxygène.

Note sur le devenir-animal

Deleuze, dans Mille plateaux, écrit avec son ami Guattari, observe le couple formé par la guêpe et l’orchidée : l’orchidée semble avoir en son sein un abdomen qui ressemble à celui de la guêpe, si bien que celle-ci est attirée et se frotte comme pour s’accoupler ; en fait, elle ne fait que se coller plein de pollen dessus ; puis elle va vers une nouvelle orchidée et refait la même danse. En fait, à son insu, la guêpe sert à assurer la reproduction de l’orchidée, en transmettant le pollen d’une orchidée femelle à une orchidée mâle. C’est un beau cas de mimétisme animal et même végétal ; mais Deleuze et Guattari y voient un cas de devenir-animal et précisent que cela n’a rien à voir avec de l’imitation. Ce qui compte à leurs yeux, c’est qu’il y ait une relation réciproque, un devenir mutuel.

Nature adamique et nature déchue

Si le souci des hommes au Moyen Âge était de se distinguer des animaux – par une sexualité maîtrisée notamment –, ils érigèrent paradoxalement le comportement animal en norme du bon rapport sexuel, conforme à la nature. Obsession médiévale de se distinguer des animaux et exemplarité du modèle animal : comment comprendre l’articulation de deux propositions en apparence si contradictoires ?

Société du football

Ces notes ont été rédigées en deux temps. La première moitié, au lendemain de la demi-finale de la Coupe du Monde de Football 2006 qui opposait l’équipe française au Portugal. L’autre moitié, dans les jours qui ont suivi la finale perdue par les Français contre l’Italie.
Ces réflexions, généralement lacunaires, reposent sur deux propositions qu’il est plus commode de préciser d’emblée.
Proposition n°1 : il est probable qu’un match de football ne se gagne pas par l’accumulation des buts, mais grâce à la création et l’incorporation par les joueurs d’images de victoire. Contre toute attente, le matériel élémentaire du match de football n’est pas la physicalité (le terrain, le ballon, la vitesse, la frappe) mais l’imaginaire (et c’est ce qui explique les engouements et les débordements des publics et des nations).
Proposition n° 2 : un seul joueur de football en activité a compris l’importance des images, la nature imaginaire de son sport.

Justice expéditif (Stress)

Le Clip de Stress, réalisé par Romain-Gavras (Kourtrajmé), analyse iconographique des figures contemporaines de la transgression et de l'insoutenable social.

Qu’est-ce que le figural ? (Olivier Schefer)

Article paru dans Critique, n° 630, novembre 1999, pp. 912-925. ISBN 2.7073.1693.8

Iconographie théâtrale : Al Jolson (The Jazz Singer)

Séance de l'oBservatoire consacrée à Al Jolson "Jazz Singer" - dimanche 6 avril 2008, à 19h. The Jazz Singer, réalisé en 1927 par Alan Crosland, est le premier film parlant et, en tant que tel, une étape majeure dans le développement et la maturation du cinéma. Ce serait une première manière de l'aborder : comme charnière entre la mort d'un art et la naissance d'un autre. Une autre perspective serait de le considérer comme objet d'étude historique : portant les marques de son époque, il constitue un bon témoignage des mentalités et des pratiques artistiques des années 20. Le blackface (les blancs grimés en noir sur scène), mal compris aujourd'hui, doit par exemple être rapporté aux conventions théâtrales alors en usage. Mais pour cette séance, c'est une autre approche qu'on privilégiera : le film est un document inégalable sur Al Jolson, l'acteur principal, celui qui, à l'époque, fut dénommé The World's Greatest Entertainer !

Tous les films de slowmotion corp. (et Pellicula) visibles sur Dailymotion

Films à revisionner ici http://www.dailymotion.com/simpleappareil ou sur le site de slowmotion corp. http://www.simpleappareil.org/slowmo.html