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La réalité semi-imaginaire de l’homme (Edgar Morin)

Reproduction du chapitre 8 et conclusion de l’ouvrage d’Edgar Morin, Le Cinéma ou l’homme imaginaire. Essai d’anthropologie (Paris, Minuit, 1956).
Le cinéma reflète le commerce mental de l’homme avec le monde. L’étude génétique du cinéma, en nous révélant que la magie et plus largement les participations imaginaires inaugurent ce commerce actif avec le monde, nous enseigne par là même que la pénétration de l’esprit humain dans le monde est inséparable d’une efflorescence imaginaire.”

Symptôme, exhibition, angoisse

Que le cinéma de grande fiction travaille à se constituer en document, c’est la lecture que Fritz Lang n’a cessé de revendiquer. Mais par quelles voies le film accéderait-il à cette dimension documentaire ? Non pas par l’enquête sur le terrain, mais par les puissances de l’imagerie ; non pas par un protocole d’observation, mais par une confiance accordée à la langue ; non pas par la singularité du plan, mais par le système figuratif que le cinéaste élabore pour rendre compte de la terreur moderne.

Le « commun sans l’Etat », … d’un coup d’épaule, d’un trait de plume ?

Sans revenir sur l’ensemble des nombreuses dimensions qu’aborde le texte de Jérôme Baschet, Construire l’autonomie : le commun sans l’État (sur éditionspapiers/publications), L’auteur focalise son commentaire autour du concept d’« autonomie » ; concept-clef dont il propose d’éclairer l’équivoque, le subtil quiproquo auquel, selon lui, son usage renvoie dans la démonstration de Jérôme Baschet.

Lancement officiel des éditions papiers ! le 16 juin 2009

simple appareil vous convie au pot de lancement des éditions papiers, répertoire de textes et de problèmes, qui se tiendra le mardi 16 juin 2009, à partir de 20 heures, à la librairie L'Atelier, Paris 20e. Découvrez le site et ses publications depuis le portail www.simpleappareil.org ou à cette adresse : http://www.editionspapiers.fr/

L’Humain et ses limites

Adam et l’astragale, deux faces d’une même question : celle de l’homme et de son humanité. Les auteurs proposent de poser la question de l’humain du point de vue de ses limites. Au lieu de demander aux sources la traditionnelle question philosophique “Qu’est ce que l’homme?”, il leur demande “où s’arrête l’humain?”

L’édification du consommateur

La marchandise est un spectacle. Comment transformer trois sous de plastique en jouet ? Le cinéma est le laboratoire des effets qui sacrent la marchandise, qui lui confèrent la vie éternelle de l’objet toujours neuf. La Californie, l’usine à rêves, invente les rituels du sacrement mercatique, de l’onction céleste qui transforme le pain des pauvres au travail en fétiche magique. Il y a, dans un film, un bout du mystère de la plus-value.

Construire l’autonomie : le commun sans l’État

Même si, vue d’Europe, l’expérience zapatiste peut paraître lointaine et exotique, elle pourrait bien encourager une réflexion plus générale, susceptible d’être partagée d’un continent à l’autre. Il ne s’agit certes pas de transformer le zapatisme en modèle ou en doctrine, ce que les zapatistes eux-mêmes refusent avec la plus grande énergie. Il s’agit seulement d’observer leur rébellion pour tenter d’en tirer quelques enseignements, notamment en ce qui concerne les formes politiques de l’émancipation sociale.

La Performance des images

Cette proposition est une réflexion personnelle sur un projet collectif dirigé par Gil Bartholeyns et l’auteur à propos de La Performance des images. Le livre sera publié fin 2009 par Les Editions de l’Université de Bruxelles. On n’y fera pas l’apologie néo-libérale d’une image compétitive et rentable, mais plutôt on se demandera : Qu’est-ce qui rend une image active, qui la fait fonctionner ?

A propos des éditions papiers

A lire en ligne, la présentation des éditions papiershttp://www.editionspapiers.org/a-propos

Dans les yeux de Welles (Falstaff / Chimes at Midnight)

Séance de L'oBservatoire du 24 mai 2009, consacrée au Falstaff d'Orson Welles (Chimes at Midnight en version originale, 1965). Séance co-présentée par Benjamin et Corneliu. Chaque metteur en scène adaptant Shakespeare coupe et modifie le texte original. Rares sont ceux qui proposent une adaptation ambitieuse. Welles l'a fait. Il a récolté et assemblé de manière parfaitement originale les extraits de quatre pièces de Shakespeare (Richard II, Henry IV 1 et 2, Henry V) évoquant Falstaff.

L’Événement comme expérience

L’événement est ce qui fait bouger la représentation jusqu’alors stable d’une situation. Il modifie notre perception des choses, les historiens comme les philosophes s’accordent pour lui attribuer cette capacité à briser l’intelligibilité du monde et à imposer une recomposition à partir des éléments nouveaux de la perturbation. À ce titre, l’événement est affaire de représentation, quelle que soit l’échelle de son impact, il peut être compris comme un mode de transformation de la rationalisation du monde. Qui décide alors de la valeur d’un fait, d’une expérience qui le hausse au niveau d’un événement ? Qui ou comment se décrète le quotient d’événementialité d’un fait vécu ?
Représentation et événement. Deux mots, deux notions, un couple en apparence indissociable. Toute la difficulté consiste dès lors à comprendre ce composite qui est le cœur de notre relation à l’histoire.

Catastrophes : l’attribut sauvage

D’un point de vue statistique les catastrophes (aux occurrences rares et amplitudes majeures) relèvent d’une forme « sauvage » de hasard. Cela les distingue des risques et les situe hors du paradigme scientifique de connaissance.
L’étude de cas ethnographiques (Japon, Amazonie brésilienne) montre le type de rationalités que ces sociétés ont développé face aux catastrophes. S’ensuit une définition des catastrophes en fonction des “figures anthropologiques” des sociétés qui les subissent.

Loss of Date

I saw in the street, death, in the midst of the ordinary day. The Police arrived, the firefighters arrived, the first-aide arrived. The curious mob ran away from the scene For fear of the Police For fear of death For fear of testimony in the Courtyard.

Parution d’ “Adam et l’Astragale, essai sur les limites de l’humain” - mai 2009

Parution du recueil Adam et l'Astragale, essais d'anthropologie et d'histoire sur les limites de l'humain (MSH, 2009), co-dirigé par Gil Bartholeyns, Pierre-Olivier Dittmar, Vincent Jolivet,Thomas Golsenne, Misgav Har-Peled, membres du comité éditorial des éditions papiers. Le texte de l'introduction, "L'humain et ses limites", est reproduit sur le site des éditions papiers, à cette adresse : http://editionspapiers.fr/publications/l-humain-et-ses-limites

Décoloniser l’histoire occidentale

Pourquoi l’anthropologie historique s’appelle-t-elle l’« anthropologie historique » ? Pourquoi Jacques Le Goff, au moment de forger l'expression, a-t-il préféré la référence anthropologique à celles d’ethnologie ou d’ethno-histoire? Des éléments de contexte (luttes de libération nationale, contestation de l'année 1968) sont largement intervenus. A travers le cas particulier de l'anthropologie historique médiévale, nous verrons comment s'est opérée la décolonisation intellectuelle des sciences humaines françaises.

La salle polyvalente héberge “Nomad’s land” (Gabrielle Culand)

La salle polyvalente héberge Nomad's land. http://lasallepolyvalente.free.fr/punks/ Ce site est un espace de réflexion collective autour du film documentaire de Gabrielle Culand consacré aux jeunes nomades contemporains. Accompagnés de leurs chiens, ils parcourent la France au gré des saisons, à la fois ouvriers mobiles et utopistes libertaires. Pierre-Olivier Dittmar (chercheur en histoire, membre du collectif simple appareil), Arnaud Lambert (simple appareil), Maya Rosa (ingénieur du son) et Gabrielle Culand (réalisatrice), chacun à leur manière, échangent leurs idées sur la progression du film et vous invitent à partager votre point de vue

Le style d’existence ou la vie politique (d’après Michel Foucault)

Au cours du mois de janvier est sorti un ouvrage important pour notre question. Il s’agit de l’édition des tous derniers cours donnés par Michel Foucault au Collège de France en 1984.
En cherchant des styles d’existence politiques à travers les siècles, Foucault convoque les cyniques, les franciscains et les anarchistes, soit peu ou prou les mêmes groupes que j’avais regroupés sous le terme d’animalité critique. Mort en 1984, Foucault n’a jamais croisé de punks-à-chiens, ni de travellers, mais mon intuition est que ceux-ci, mieux que tous autres, incarnent aujourd’hui les valeurs que le philosophe énonce dans son cours.

Never relax : James Cagney (Yankee Doodle Dandy)

Séance de L'oBservatoire consacrée à l'immensissime acteur James "Never Relax" Cagney - dimanche 5 avril 2009. Yankee Doodle Dandy (Michael Curtiz, 1942) est produit quinze ans après The Jazz Singer - film qui avait marqué l’avènement du cinéma parlant. Il constitue l’aboutissement d'années d'expériences et d’expérimentations, le point d’orgue de la production hollywoodienne classique - un contexte de production qui se transforme en véritable « style ». Yankee Doodle offrit à l'acteur Cagney son meilleur rôle, et ce dernier en était parfaitement conscient. Si bien qu'ici, l’acteur doit être considéré comme le véritable auteur du film, le responsable du « discours » que l’œuvre tient. C’est l’acteur qui met son empreinte et, par la présence de son corps et de sa voix, par son jeu, sa performance, coalise tous les éléments du film autour de lui.

Pour une esquisse du nomade

Pour approfondir encore la notion de nomadisme, je voudrais partager avec vous quelques écrits d’un autre écrivain, Kenneth White, auteur de l’essai L’Esprit nomade. Chantre du nomadisme intellectuel, ses réflexions aident à esquisser une définition du nomade et à réfléchir à la forme du film.

Naissance d’une nation (La Bataille d’Alger + Muriel)

Double séance de L'oBservatoire, les 6 et 8 mars, consacrée à La Bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo (1966) et au Muriel d'Alain Resnais (1963). En 1965, soit trois ans après les accords d'Evian qui scellent la fin de la Guerre d'Algérie, Gillo Pontecorvo entreprend la réalisation de La Bataille d'Alger. Le film propose la reconstitution "réaliste" des opérations ("terrorisme" du Front de Libération Nationale vs "maintien de l'ordre" par l'armée française) qui ensanglantèrent Alger de la fin septembre 1956 à octobre 1957 - pour la chronologie détaillée des faits, voir ci-dessous l'histoire de la bataille (Bernard Droz) et, pour une mise en contexte plus large, le documentaire d'Yves Courrière sur la Guerre d'Algérie (1972).

De l’Abjection (Jacques Rivette)

Le texte "De l'Abjection" de Jacques Rivette (1961) reproduit en ligne sur L'oBservatoire. Cet article de Jacques Rivette constitue en quelque sorte l'aboutissement logique de la "Politique des auteurs" définie et défendue par les Cahiers du cinéma, tout au long des années 1950. Par opposition à la culture intellectuelle dominante à l'époque (progressiste, antiaméricaine), de "gauche", il s'agissait pour les jeunes critiques de spécifier une approche spécifiquement cinématographique des films, fondée sur la "mise en scène" - en tant qu'elle serait le site essentiel de l'intelligence au cinéma et le mode d'expression par excellence de l'"auteur" de films. Article paru dans les Cahiers du cinéma, n° 120, juin 1961, pp. 54-55. Repris dans Antoine De Baecque (edit.), Théories du Cinéma, Paris, Cahiers du cinéma, 2001, pp. 37-40.

A quoi bon comparer ?

Où l’on se demandera pourquoi on ne trouve pas de viande de loup au supermarché, après avoir fait un détour par la Chine et le Moyen Age.

L’animalité critique 1. le cynique et son chien

Les punks-à-chiens sont-ils les cyniques d’aujourd’hui? Si les 50 000 jeunes qui vivent dans les rues de France ont quelque chose à nous apprendre sur notre société, c’est aussi parce que cette forme de marginalité possède une profondeur historique. Toute errance se veut originale, solitaire, anomique, mais paradoxalement, elle tire sa force et son efficace d’une culture largement partagée. Première étape d’une petite histoire de l’animalisation critique, les philosophes-chiens, les cyniques.

Départ pour la Plagne

Après avoir passé quelques coups de fil, Pauline et Jasmin se sont décidés pour une destination. Ils veulent rejoindre des amies de Pauline installées à la Plagne, dans une station de ski des Alpes. Ils espèrent peut être trouver du travail là-bas. En moins d’une heure, nous disons au revoir au campement et nous partons pour la montagne.

Transit

Il pleut toute la journée. Pauline et Jasmin restent enfermés dans leur camion à regarder des DVDs. Ils ne savent pas où aller pour trouver du boulot. À  six heures du matin, Laurence est partie en Espagne pour acheter du tabac à tout le monde. Elle rentre tard le soir avec les provisions
Nous attendons.

Changement de cap

Il pleut. Lucy a mal dormi et prétend ressentir un malaise chez Maya. L’interprétation permanente des signes et de nos humeurs commence à nous porter sur les nerfs. Nous avons encore eu froid cette nuit et nous sommes fatigués. Il nous faut un chauffage pour le camion. Nous partons donc avec Lucy à Barjac. En chemin, nous nous arrêtons dans une église. Lucy chante à gorge déployée au milieu de la nef. Nous trouvons tout ce qu’il faut pour le camion dans une quincaillerie : bouteille de gaz, jerricanes, couverts… Parés pour l’hiver, nous sommes prêts à poursuivre la route.

The heart of the world

Nous nous réveillons vers 10 heures au milieu de la forêt ardéchoise. La nuit a été très froide dans le camion. Après le petit-déjeuner, nous rejoignons Lucy et Nitsan, nos deux travellers new-age à leur campement. Ils sont déjà debout depuis quatre heures et nous disent que si nous voulons partir avec eux pour « the big journey », le grand voyage, nous devrions nous lever plus tôt…  La première journée de tournage avec Spiritsintent peut commencer…

Spiritsintent

En faisant des recherches pour Tracks sur la multiplication des yourtes en France, je suis tombée sur deux travellers anglais, Lucy et Nitsan. Ce couple voyage en camion sous le nom de Spiritsintent et fabrique des yourtes pour des campings, des festivals ou des particuliers. Cet hiver, ils se sont installés au cœur de l’Ardèche. Nous partons à leur rencontre dans l’espoir de comprendre un peu mieux les fondements de la culture néo-nomade, puisque les Anglais semblent en être les ancêtres.

Milou comédienne

Depuis deux mois, Milou a quitté la route. Le projet de voyage en Inde est tombé à l’eau faute d’argent et toute sa tribu est partie en camion à la montagne, pour la saison d’hiver. Milou a été contactée par un ancien ami, comédien et metteur en scène, qui lui a proposé de jouer les Ingénues dans “Dormez, je le veux !” de Feydeau. Milou est donc embauchée jusqu’au 28 mars à la comédie Saint-Michel. Aujourd’hui, je fais une série de clichés pour qu’elle puisse fabriquer son book et trouver peut être d’autres emplois de comédienne. Tout en posant, elle me parle de son camion et de ses amis qui lui manquent, mais aussi de cette nouvelle vie qui commence et qu’elle découvre avec enthousiasme.

Staring back (Chris Marker)

Séances de L'oBservatoire, des 18 et 19 décembre 2008, consacrées à Chris Marker. Chris Marker, "le plus connu des cinéastes inconnus", artiste atypique s'il en est, a longtemps pris un malin plaisir à ne pas réaliser de films de durée standard. C'est donc une sélection de courts-métrages que j'ai décidé de montrer pour accompagner la sortie du livre Also known as Chris Marker, publié par le Point du Jour.Les films courts, plutôt que les très longs, parce qu'ils sont certainement les plus difficiles à voir (quoique l'édition du double-dvd Le Fond de l'air est rouge / Sixties facilite pas mal les choses désormais). Parce qu'ils permettent, "en accéléré" si l'on veut, de se faire une image de l'extrême vitalité/variété de son travail. Première séance (Guernica / Le 20 heures dans les camps / 2084 / L'Ambassade), jeudi 18 décembre. Seconde séance (Les Astronautes / La Jetée / Life), vendredi 19.