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{ Category Archives } Nomad's land

Nomad’s land - le site, hébergé par la salle polyvalente (simple appareil), consacré à la réalisation du film éponyme de Gabrielle Culand

“Une génération sur la route”, diffusé sur France 2

Diffusion tv !

Les mille nomades

Sur la base du billet de Maya Rosa publié sur le site Nomad’s land, les membres de simple appareil débattent de la condition nomade.
“L’une des questions centrales du projet de Gabrielle est la « marginalité » : le marginal comme symptôme et comme composant critique de sa société. Pourtant certaines valeurs avancées lors des interviews restent assez traditionnelles : la propriété (du camion), le couple ou l’espace communautaire, le travail. La marginalité passe surtout par deux notions complémentaires : une rhétorique de la « liberté » et le mythe de la « route », que subsume en gros la notion de « nomadisme ». C’est la véritable question du film, d’où le titre. Comment aborder la question du nomadisme : est-ce un simple contre-modèle (qui s’opposerait au vécu parental et à l’expérience sédentaire familiale) ou bien une structure imaginaire, éventuellement idéalisée, particulièrement magnétique ?”

Le style d’existence ou la vie politique (d’après Michel Foucault)

Au cours du mois de janvier est sorti un ouvrage important pour notre question. Il s’agit de l’édition des tous derniers cours donnés par Michel Foucault au Collège de France en 1984.
En cherchant des styles d’existence politiques à travers les siècles, Foucault convoque les cyniques, les franciscains et les anarchistes, soit peu ou prou les mêmes groupes que j’avais regroupés sous le terme d’animalité critique. Mort en 1984, Foucault n’a jamais croisé de punks-à-chiens, ni de travellers, mais mon intuition est que ceux-ci, mieux que tous autres, incarnent aujourd’hui les valeurs que le philosophe énonce dans son cours.

Pour une esquisse du nomade

Pour approfondir encore la notion de nomadisme, je voudrais partager avec vous quelques écrits d’un autre écrivain, Kenneth White, auteur de l’essai L’Esprit nomade. Chantre du nomadisme intellectuel, ses réflexions aident à esquisser une définition du nomade et à réfléchir à la forme du film.

L’animalité critique 1. le cynique et son chien

Les punks-à-chiens sont-ils les cyniques d’aujourd’hui? Si les 50 000 jeunes qui vivent dans les rues de France ont quelque chose à nous apprendre sur notre société, c’est aussi parce que cette forme de marginalité possède une profondeur historique. Toute errance se veut originale, solitaire, anomique, mais paradoxalement, elle tire sa force et son efficace d’une culture largement partagée. Première étape d’une petite histoire de l’animalisation critique, les philosophes-chiens, les cyniques.

Départ pour la Plagne

Après avoir passé quelques coups de fil, Pauline et Jasmin se sont décidés pour une destination. Ils veulent rejoindre des amies de Pauline installées à la Plagne, dans une station de ski des Alpes. Ils espèrent peut être trouver du travail là-bas. En moins d’une heure, nous disons au revoir au campement et nous partons pour la montagne.

Transit

Il pleut toute la journée. Pauline et Jasmin restent enfermés dans leur camion à regarder des DVDs. Ils ne savent pas où aller pour trouver du boulot. À six heures du matin, Laurence est partie en Espagne pour acheter du tabac à tout le monde. Elle rentre tard le soir avec les provisions
Nous attendons.

Changement de cap

Il pleut. Lucy a mal dormi et prétend ressentir un malaise chez Maya. L’interprétation permanente des signes et de nos humeurs commence à nous porter sur les nerfs. Nous avons encore eu froid cette nuit et nous sommes fatigués. Il nous faut un chauffage pour le camion. Nous partons donc avec Lucy à Barjac. En chemin, nous nous arrêtons dans une église. Lucy chante à gorge déployée au milieu de la nef. Nous trouvons tout ce qu’il faut pour le camion dans une quincaillerie : bouteille de gaz, jerricanes, couverts… Parés pour l’hiver, nous sommes prêts à poursuivre la route.

The heart of the world

Nous nous réveillons vers 10 heures au milieu de la forêt ardéchoise. La nuit a été très froide dans le camion. Après le petit-déjeuner, nous rejoignons Lucy et Nitsan, nos deux travellers new-age à leur campement. Ils sont déjà debout depuis quatre heures et nous disent que si nous voulons partir avec eux pour « the big journey », le grand voyage, nous devrions nous lever plus tôt… La première journée de tournage avec Spiritsintent peut commencer….

Spiritsintent

En faisant des recherches pour Tracks sur la multiplication des yourtes en France, je suis tombée sur deux travellers anglais, Lucy et Nitsan. Ce couple voyage en camion sous le nom de Spiritsintent et fabrique des yourtes pour des campings, des festivals ou des particuliers. Cet hiver, ils se sont installés au cœur de l’Ardèche. Nous partons à leur rencontre dans l’espoir de comprendre un peu mieux les fondements de la culture néo-nomade, puisque les Anglais semblent en être les ancêtres.

Milou comédienne

Depuis deux mois, Milou a quitté la route. Le projet de voyage en Inde est tombé à l’eau faute d’argent et toute sa tribu est partie en camion à la montagne, pour la saison d’hiver. Milou a été contactée par un ancien ami, comédien et metteur en scène, qui lui a proposé de jouer les Ingénues dans “Dormez, je le veux !” de Feydeau. Milou est donc embauchée jusqu’au 28 mars à la comédie Saint-Michel. Aujourd’hui, je fais une série de clichés pour qu’elle puisse fabriquer son book et trouver peut être d’autres emplois de comédienne. Tout en posant, elle me parle de son camion et de ses amis qui lui manquent, mais aussi de cette nouvelle vie qui commence et qu’elle découvre avec enthousiasme.

Gitans

Gitans. Et à nouveau ma racine humaine a tremblé. Ce sont eux qui me donnent toujours la mesure absolue de la liberté que je n’ai pas et à laquelle j’aspire. Anarchistes d’esprit et de corps, ils sont les princes du rien, les millionnaires du désintérêt, prêtres de la paresse, sabliers obstinés où le temps ne s’écoule pas.
Ils mangent la pourriture, se vêtissent d’absurde, ils sont des martiens sur terre. Et à les voir cheminer dans la poussière du transitoire, c’est l’image de l’homme idéal que je vois passer, lyrique et dédaigneuse.

Miguel Torga, Diário Douro, 1954.

Le fils de mon chien

Novembre. L’été est à 1000 kilomètres derrière. Little a déjà oublié les champs de tabac et la sève qui collait sur son torse et ses bras nus. La route le jette à Poitiers. Sur le parvis de la gare, il erre avec Petit Chien en attendant Bitch, qui roule des pelles à Julie. Il finit par s’asseoir sur un banc à côté d’un Kanak emmitouflé dans un anorak militaire et un keffieh. Dialogue de rue.

L’animalité critique (introduction)

Par leurs pratiques, les jeunes nomades qui traînent avec des chiens tiennent un discours sur la société qui les rejette et qu’ils rejettent. Ce discours fait écho à des antécédents historiques où des pratiques semblables avaient déjà une vocation critique.

Messy

Pendant les repérages de l’été, j’ai rencontré Alexie et Arthur à Aurillac. Nous avons fait une interview d’eux sous un pont, où il venaient de planter une tente de fortune. Ils nous ont beaucoup parlé de leur village d’origine, Messy, où ils ont passé leur enfance. Nous y sommes donc allés pour les filmer. Messy est une commune de 1200 habitants, situé à 10 Km de l’aéroport Charles De Gaulle : une rue principale, quelques pavillons, le TGV qui passe à proximité et les avions sans cesse. Arthur et Alexie s’y sentent isolés. Les transports en commun y sont inexistants, et sans permis de conduire, les adolescents passent leur journée à boire et à fumer. Lorsque nous débarquons à Messy, le village est en alerte. Alexie, Arthur et leurs amis ont marqué les murs du centre ville de pochoirs à leur effigie et le maire a crée une cellule de crise.

Les punks à chiens, une série pour le magazine Tracks : l’origine du projet

En juin 2006, je suis partie avec Maya Rosa, ingénieur du son, tourner un reportage sur les Punks à Chiens au festival de théâtre de rue d’Aurillac. Ce sujet m’emballait et j’ai insisté auprès de la rédaction pour que nous ne partions qu’à deux, afin de pouvoir être au plus proche de cette communauté sauvage. Lorsque nous somme rentrées de tournage, nous avions 40 heures de rushes. David Combes et Jean-Marc Barbieux, les rédacteurs en chef de l’émission, m’ont proposée d’en faire une série en trois épisodes, qui serait diffusée en juin 2007. Cette série de reportages est le point de départ du documentaire que j’allais entreprendre en 2008.