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Départ pour la Plagne

Après avoir passé quelques coups de fil, Pauline et Jasmin se sont décidés pour une destination. Ils veulent rejoindre des amies de Pauline installées à la Plagne, dans une station de ski des Alpes. Ils espèrent peut être trouver du travail là-bas. En moins d’une heure, nous disons au revoir au campement et nous partons pour la montagne.

Transit

Il pleut toute la journée. Pauline et Jasmin restent enfermés dans leur camion à regarder des DVDs. Ils ne savent pas où aller pour trouver du boulot. À six heures du matin, Laurence est partie en Espagne pour acheter du tabac à tout le monde. Elle rentre tard le soir avec les provisions
Nous attendons.

Changement de cap

Il pleut. Lucy a mal dormi et prétend ressentir un malaise chez Maya. L’interprétation permanente des signes et de nos humeurs commence à nous porter sur les nerfs. Nous avons encore eu froid cette nuit et nous sommes fatigués. Il nous faut un chauffage pour le camion. Nous partons donc avec Lucy à Barjac. En chemin, nous nous arrêtons dans une église. Lucy chante à gorge déployée au milieu de la nef. Nous trouvons tout ce qu’il faut pour le camion dans une quincaillerie : bouteille de gaz, jerricanes, couverts… Parés pour l’hiver, nous sommes prêts à poursuivre la route.

The heart of the world

Nous nous réveillons vers 10 heures au milieu de la forêt ardéchoise. La nuit a été très froide dans le camion. Après le petit-déjeuner, nous rejoignons Lucy et Nitsan, nos deux travellers new-age à leur campement. Ils sont déjà debout depuis quatre heures et nous disent que si nous voulons partir avec eux pour « the big journey », le grand voyage, nous devrions nous lever plus tôt… La première journée de tournage avec Spiritsintent peut commencer….

Spiritsintent

En faisant des recherches pour Tracks sur la multiplication des yourtes en France, je suis tombée sur deux travellers anglais, Lucy et Nitsan. Ce couple voyage en camion sous le nom de Spiritsintent et fabrique des yourtes pour des campings, des festivals ou des particuliers. Cet hiver, ils se sont installés au cœur de l’Ardèche. Nous partons à leur rencontre dans l’espoir de comprendre un peu mieux les fondements de la culture néo-nomade, puisque les Anglais semblent en être les ancêtres.

Milou comédienne

Depuis deux mois, Milou a quitté la route. Le projet de voyage en Inde est tombé à l’eau faute d’argent et toute sa tribu est partie en camion à la montagne, pour la saison d’hiver. Milou a été contactée par un ancien ami, comédien et metteur en scène, qui lui a proposé de jouer les Ingénues dans “Dormez, je le veux !” de Feydeau. Milou est donc embauchée jusqu’au 28 mars à la comédie Saint-Michel. Aujourd’hui, je fais une série de clichés pour qu’elle puisse fabriquer son book et trouver peut être d’autres emplois de comédienne. Tout en posant, elle me parle de son camion et de ses amis qui lui manquent, mais aussi de cette nouvelle vie qui commence et qu’elle découvre avec enthousiasme.

Le fils de mon chien

Novembre. L’été est à 1000 kilomètres derrière. Little a déjà oublié les champs de tabac et la sève qui collait sur son torse et ses bras nus. La route le jette à Poitiers. Sur le parvis de la gare, il erre avec Petit Chien en attendant Bitch, qui roule des pelles à Julie. Il finit par s’asseoir sur un banc à côté d’un Kanak emmitouflé dans un anorak militaire et un keffieh. Dialogue de rue.

Messy

Pendant les repérages de l’été, j’ai rencontré Alexie et Arthur à Aurillac. Nous avons fait une interview d’eux sous un pont, où il venaient de planter une tente de fortune. Ils nous ont beaucoup parlé de leur village d’origine, Messy, où ils ont passé leur enfance. Nous y sommes donc allés pour les filmer. Messy est une commune de 1200 habitants, situé à 10 Km de l’aéroport Charles De Gaulle : une rue principale, quelques pavillons, le TGV qui passe à proximité et les avions sans cesse. Arthur et Alexie s’y sentent isolés. Les transports en commun y sont inexistants, et sans permis de conduire, les adolescents passent leur journée à boire et à fumer. Lorsque nous débarquons à Messy, le village est en alerte. Alexie, Arthur et leurs amis ont marqué les murs du centre ville de pochoirs à leur effigie et le maire a crée une cellule de crise.

Les punks à chiens, une série pour le magazine Tracks : l’origine du projet

En juin 2006, je suis partie avec Maya Rosa, ingénieur du son, tourner un reportage sur les Punks à Chiens au festival de théâtre de rue d’Aurillac. Ce sujet m’emballait et j’ai insisté auprès de la rédaction pour que nous ne partions qu’à deux, afin de pouvoir être au plus proche de cette communauté sauvage. Lorsque nous somme rentrées de tournage, nous avions 40 heures de rushes. David Combes et Jean-Marc Barbieux, les rédacteurs en chef de l’émission, m’ont proposée d’en faire une série en trois épisodes, qui serait diffusée en juin 2007. Cette série de reportages est le point de départ du documentaire que j’allais entreprendre en 2008.